Bonjour mes Doux :)

En ce moment, je suis aussi occupée que préoccupée par ma thèse sur laquelle je travaille énormément, dès le réveil (autour de 5 heures) jusque bien tard le soir alors que chaque jour je me promets de prendre une pause. Je m'accorde quelques sorties, comme vous le savez, des lectures délectables me servent de refuge (Nature Morte, de Louise Penny, Métamorphose en bord de ciel, de Mathias Malzieux, La pâtisserie Bliss, de Kathryn Littlewood, la série des Anne, de notre chère LMM), que de bons moments que j'adorerais partager avec vous. Mais, le soir venu, je dois avouer que m'atteler à un billet-livresque après avoir passé douze heures à décortiquer les livres de mon corpus et des ouvrages théoriques me barbe un peu... Du coup, je suis toute frustrationnée : vous me manquez trop trop trop mes Doudoux :)

Aussi, je prends quelques instants ce matin pour vous faire partager mon dernier coup de coeur ciné, tout chaud, tout juste sorti du four, puisque Ma Maman est en Amérique, elle a rencontré Buffalo Bill, est sorti sur nos écrans français mercredi.

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Adapté de la bande-dessinée autobiographique de Jean Regnaud (les dessins, quant à eux sont signés Emile Bravo), c'est assurément le film d'animation le plus réussi qu'il m'ait été donné de voir cette année et qui s'impose, avec toute la délicatesse qui le caractérise, en cette période de vacances de la Toussaint.

Ma Maman est en Amérique nous raconte les premiers mois d'école du petit Jean, depuis son entrée au CP (à l'école des grands mais... chez les plus petits, ce qui n'est pas évident), jusqu'aux fêtes de fin d'année.

La maîtresse leur promet à tous qu'ils sauront lire tout bientôt mais elle n'a pas l'air commode pour autant. Et lorsqu'elle demande à Jean le métier de sa maman, on sent qu'un trouble agite le petit garçon.

On découvre alors son quotidien, dans une ville de Province, au coeur des années 70 : son papa est le grand patron de l'usine de conserves Regnaud, prisonnier de son travail, il délaisse Jean ainsi que son petit frère, l'adorable blondinet Paul, qui passent le plus clair de leur temps avec leur nounou, Yvette, spécialiste du chocolat glacé qui loupe immanquablement ses gratins ! Mais... Point de Maman à l'horizon. 

Pourtant, Jean reçoit de ses nouvelles puisque celle-ci envoie régulièrement des cartes postales chez la jeune voisine, Michelle (un très beau personnage), qui s'empresse d'en faire la lecture à Jean. Manifestement, cette Maman est une grande aventurière qui parcourt l'Amérique, monte à cheval, côtoie les Indiens, et fait rêver son fiston. Mais quand reviendra-t-elle ?

Ma Maman est en Amérique, est un conte précieux, nostalgique et tendre, mais aussi un chouette récit d'aventures, bercé par des couleurs toutes automnales, un trait de crayon comme on en voit trop rarement. L'histoire aborde des thèmes délicats, qui conduisent notre petit Jean -bonhomme très attachant- sur le chemin des grands. Un chemin semé d'embûches, de découvertes et de désillusions qui font parfois mal au coeur. Mais, après tout, c'est ça grandir.

Cette adaptation a le même charme qu'Une vie de chat, Kérity et la maison des contes ou encore Ernest et Célestine. C'est dire si la qualité est de mise.

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On suit avec grand bonheur Jean dans la cour de récré sur laquelle règne la terreur du village et où les combats se mènent à coups de parties de billes endiablées. Et puis il y a les vacances chez Papi (qui pue des pieds) et Mamie (qui n'est pas toujours gentille, mais... Pourquoi donc ?). Les soirées routinières, au dodo-après-le-dîner, alors qu'on aimerait bien regarder la télévision avec papa (d'autant que Fernand Reynaud a l'air d'être sacrément rigolo ^^).

S'adressant aussi bien aux enfants qui -malgré le léger décalage temporel- ne manqueront pas de se reconnaître parmi tous ces personnages (qui ne sont pas sans rappeler la bande du Petit Nicolas !), qu'aux grands auquel il rappellera d'heureux souvenirs de jeunesse, Ma Maman est en Amérique est une véritable réussite à partager en famille. Sensibilité et nostalgie sont au rendez-vous tout comme les éclats de rire (le petit frère de Jean est un amour de petit diablotin farceur !), les péripéties, et les moments de ravissement.

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A la période de Noël, les tons ocres et marron, les feuilles mortes de la rentrée des classes, laissent place à une éclatante blancheur neigeuse, aux paquets colorés, au sapin décoré et à une ambiance chaleureuse ; un décor tout douillet dans lequel la famille se retrouve enfin tandis que le spectateur se met à rêver à décembre, aux miracles des fêtes, au bonheur retrouvé.

Il faut ajouter à ces merveilles les voix de Julie Depardieu (Yvette) et de Marc Lavoine (le Papa) qui signe également la chanson du générique, absolument craquante. 

Si les aventures de Jean rappellent celles du petit Nico-co, elles m'ont donné envie de revoir les merveilleux films de Truffaut, L'Argent de poche et Les 400 coups, pour ces mêmes tendresse et mélancolie qui font tellement de bien à l'âme. Quant à l'album, je compte bien le mettre sur ma liste de Noël, hihi :)

Mes Doux, ce film est un cadeau avant l'heure, un petit bonus livré par notre cher Père Nono cinéphile qui, au vu du programme des semaines à venir, compte bien nous gâter comme des princes en cette fin d'année.

De gros bisous à tous pour une belle journée :)