Bonjour, bonjour mes Chers :)

Êtes-vous en pleine forme après ce long week-end ? Votre lundi a-t-il été à la hauteur de vos attentes ? Le soleil et le ciel bleu étaient au rendez-vous et rien que pour ça la journée était merveilleuse ! Nous n'avions pas eu un temps aussi clément depuis des lustres (en tout cas, par ici), et cela contribue considérablement à la hausse du moral, n'est-ce pas ?!

En outre, mon petit programme m'a plongée dans une absolue bonne humeur ! Les films que j'ai vus mon énormément plu et je vous souhaite à tous de pouvoir les découvrir. Il était temps, est un très grand cru de comédie romantique britannique : fine, élégante, subtile. Le scénario est très bien ficelé, rythmé, le couple d'acteurs-personnages charmants et très attachants ; j'ai adoré suivre leur quotidien au fil des années (un peu comme dans Marley et moi), la BO est très soignée et la balade entre London et la Cornouailles follement jouissive pour qui apprécie la british way of life (la pluie, le thé, toussa toussa ;)) 

Quant au film des frères Coen, Inside Llewyn Davis, je ne m'attendais pas à l'aimer autant. Et pourtant, quel film ! Ce faux biopic sur un chanteur-folk des années 60 est une très belle réussite qui me donne très envie de découvrir pleinement la filmo des frères (j'ai beaucoup de lacunes de ce côté-là, pensant stupidement -des années durant- ne pas apprécier leur univers...). Je suis tombée en amour pour l'acteur Oscar Isaac et la BO est une merveille (elle m'a fait le même effet que celle de Crazy Heart : il me la faut !!). New-York sous la neige, de l'excellente musique, une histoire très touchante,... C'est presque un conte de Noël. A la sauce Coen : excellente recette, mes Chers !

Cerise sur le gâteau, j'ai à nouveau été toute gâtée par mon ami qui m'a offert Un Zoo en hiver, de Taniguchi, qu'il me tarde de lire, ainsi que trois adorables albums de Plume, le petit ourson polaire ! Hihi ! Pour garder ces beaux ouvrages qui se glisseront idéalement dans ma liste de lectures hivernales, une petite girafonnette-marque page ! Je suis vernie :)

Mais avant ce lundi parfait, j'ai connu un dimanche idéal, entre excellente série -Top of the lake- et spectacle merveilleux, The Old Woman, sur la scène du théâtre de la Ville.

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C'est dans le cadre du Festival d'automne -dont l'artiste américain Bob Wilson est l'invité d'honneur- qu'est proposé The Old Woman, spectacle aussi cauchemardesque qu'enchanteur -en tout cas, indéniablement fantaisiste et onirique-, tiré de textes du poète satirique russe Daniil Karms, dont on redécouvre l'oeuvre depuis peu.

Dès le prologue qui se propose de nous faire entendre un poème intitulé La Faim, on est happé par un véritable univers, visuel et textuel : on se sent d'emblé pris au piège de ce conte fascinant, mais des prisonniers consentants, enthousiastes même, sous le charme des deux protagonistes interprétés par le génial danseur-chorégraphe Mikhaïl Baryshnikov et l'acteur américain, Willem Defoe, complices sautillants remontés en enfance. Deux "gueules" comme on dit, ici peinturlurées façon clowns inquiétants, visages plâtrés, cercles noirs autour des yeux ; mi-gamins mi-beaux diables, ils scandent le poème de Kharms sur tous les tons, mêlant l'anglais au russe. Manifestement, il sera vain de trouver un sens à tout cela ; le texte ne sera pas linéaire, l'intrigue se tiendra éloignée de tout réalisme mais domineront la répétition, l'écho, un jeu de miroir qui bercera nos oreilles et notre esprit, envoûtés. Baryshnikov est sublime... Qu'il marche, se tourne, lève un bras : il danse ! Dafoe ne fait pas pâle figure (ahah) au côté du danseur, il irradie, charismatique et imposant, tout en étant d'une délicatesse elfique.

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The Old Woman donne à voir des saynètes où se côtoient absurde et burlesque. On pense à Ionesco, bien sûr, à Beckett, mais aussi à Sarraute (les personnages sont "A" et "B", comme nous connaissions "H1" et "H2"). L'expressionnisme allemand n'est pas bien loin et nos deux trapézistes -dignes héritiers de Keaton et Chaplin- semblent échappés d'une boite à musique ensorcelée ou d'un cirque berlinois. Ils sont deux pantins dans un magasin de jouets, deux automates prenant vie au cours d'une nuit magique. Chacune des saynètes est portée par un texte, une courte histoire que l'on comprend, ou pas, mais que l'on entend, encore et encore comme une obsession ; celle d'un écrivain dont on suit l'itinéraire et les rencontres, qu'il croise une belle inconnue ou avale une vodka-saucisse avec un ami, on ne le lâche pas d'une semelle, trop intrigué, désireux de connaître la suite du périple.

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Le texte est primordial, tout comme l'interprétation, sublimés par une mise en scène à la fois simple et très soignée : des objets suspendus dans les airs, des couleurs changeantes, des lumières et une bande-son omniprésentes font plâner une inquiétante étrangeté au coeur de cette lanterne magique. En effet, des détails se remarquent : s'il y a un lit, il est brisé, la pendule est dépourvue d'aiguilles, la valise est énorme, la serrure d'un noir intense,... Impossible de ne pas songer à Alice au Pays des Merveilles, à un monde où sens et proportions sont métamorphosés, dynamités ne laissant apparaître que les âmes. Car, si les personnages semblent "marionnettisés", ils ne sont pas pour autant déshumanisés, bien au contraire, ils nous transmettent des émotions sans cesse renouvelées, nous faisant passer de l'effroi au rire enfantin, pur, cristallin. 

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Juste avant le lever de rideau.

The Old Woman est un spectacle comme je n'en avais jamais vu, un conte pour les enfants pas sages. Un véritable enchantement, en constant déséquilibre ;  l'humour nous réjouit tandis que la poésie nous apaise et nous rassure si bien que nous quittons la salle comme on sort d'un rêve dansant.

Le mois prochain, c'est au Pays Imaginaire de Peter Pan que m'envolera Bob Wilson... J'y songe déjà avec le sourire :)

Je vous souhaite une excellente journée mes Doux ! Pour ma part, je resterai dans les thématiques du jour, Russie et Onirisme, puisque je m'en vais visiter l'exposition La Renaissance et le rêve avant de filer au cinéma pour The Major, film russe ! Les choses sont bien faites ;)