Bonjour mes Doux :)

Une lecture toute tendre et enneigée, un brin olé-olé, romantique et rigolote, c'est plutôt un bon programme pour commencer la journée, n'est-ce pas ?!

A peine avais-je terminé Tendre veillée, de Scarlett Bailey, des étoiles plein les yeux et le sourire aux lèvres, que je replongeais au coeur d'une belle romance noëlienne. Pour être exacte, je devrais plutôt dire "deux romances-noëliennes", puisque Douces Nuits est un recueil rassemblant deux nouvelles, Sous le gui, qui a le bon goût d'être brève, et Une Seconde chance pour Noël, bien plus développée, dont on tourne les dernières pages la mort dans l'âme, tristoune comme tout de devoir quitter un petit couple aussi attachant que celui que forment Holly et Noël. Bouh !

Vous l'aurez compris, ce recueil souffre d'un sérieux déséquilibre puisque les deux récits n'auraient pas pu être plus différents en terme de qualité.

Douces nuits

Très brièvement, Sous le gui, qui met en scène Anna et Hugh, deux collègues de bureau, au lendemain de la fête de Noël organisée par leur entreprise, est une catastrophe ! Non, non, je n'exagère pas, mes Chers, je suis on ne peut plus objective, sincère et honnête : il n'y a rien à sauver dans cette nouvelle qui ne fait que copier lamentablement Bridget Jones et Love Actually (l'histoire de Sarah et Karl, pour les fines connaisseuses ;)). Les personnages sont horripilants, leur relation est inintéressante, l'intrigue est très mal menée si bien qu'elle ne semble pas crédible une seule seconde. L'auteure se saisit d'un thème grave, sensible et en fait un conte de fée, ce qui m'a mise très mal à l'aise. Certes, il s'agit d'une comédie romantique, nous voulons tous notre happy end, mais certains sujets se respectent, se traitent avec délicatesse, ce que ne fait pas l'auteure. Au-delà de ces considérations purement morales, Sous le gui est totalement dénuée de magie, l'esprit de Noël est aux abonnés absents et -encore une fois- les personnages sont détestables : Anna est d'une folle arrogance tandis que Hugh est pathétique. Nulle !

Tout au contraire, Une Seconde chance pour Noël est la perfection faite romance-noëlienne ! Ahlalalala ! Quel merveilleux moment j'ai passé en compagnie de Holly et Noël (oui, l'auteure a joué la carte de la subtilité pour les prénoms ^^ Et sachez, qu'en prime, Noël est né le jour de... Noël et Holly, le lendemain. C'est beau, la vie, chez Milady ^^). Je taquine, je taquine.

Cette seconde nouvelle a tout pour plaire, mes Chers, et tout en stabylottant de nombreux passages dans lesquels j'ai pris grand plaisir à me replonger une fois ma lecture achevée (un grand sourire béat collé au visage et des papillons tout partout dans le bidouille), je pensais à mes copinautes, certaine qu'elles adoreraient se lover dans cette merveilleuse ambiance de neige et de tendresse.

Holly et Noël sont eux aussi collègues mais se connaissent assez peu. Elle, est professeure de musique ; un peu lunaire, désinvolte, elle a la fâcheuse manie de s'exprimer de manière absconse, passant du coq à l'âne, oubliant bien trop souvent que ses interlocuteurs n'ont pas la chance de loger dans sa caboche. Lui est l'achétype du prof de sciences : ringard au possible. Mais, comme vous le savez, mes Doux, il ne faut pas se fier aux apparences et ces deux-là vont avoir quelques jours devant eux pour se découvrir, apprendre à s'apprécier et... s'aimer follement ! Le lecteur suit avec bonheur l'évolution de leur relation qui est subtilement mise en scène et en mots. Car en plus d'un imaginaire girly et douillet à souhait, Faye Robertson fait montre d'une fort jolie plume, son style est de belle qualité, à la fois limpide et ouvragé, très soigné. J'ai beaucoup apprécié ce point qui fait de la romance un genre littéraire à part entière, qui n'a rien à envier aux grands romans (ceux qui se regardent le nombril).

luke and lorelai gilmore girls

Pour en revenir à notre petit couple, alors qu'Holly vient de se faire très vulgairement larguer par celui qui partageait sa vie depuis cinq ans, Noël -en tout bien tout honneur- lui propose de se joindre à lui dans le chalet écossais que lui prête chaque année un ami. Veuf depuis trois ans, Noël effectue immanquablement, au moment des fêtes, ce pèlerinage bien particulier qui consiste à s'isoler, regarder des films d'action, "malbouffer" et se saouler au whisky pour noyer sa nostalgie et faire taire sa douleur. Voyant dans cette invitation aussi surprenante qu'inattendue l'occasion de se remettre de sa rupture, Holly accepte, et envisage à son tour un programme d'éclopée du sentiment : lire, jouer de la musique (elle est multi-instrumentiste), faire des puzzles et surtout profiter de longues promenades dans la neige. Les deux nouveaux amis ont donc l'intention de vivre leur vie chacun de leur côté durant ce séjour, ils feront -bien entendu- chambre à part mais ne chercheront pas non plus à discuter, ni à passer du temps ensemble. Ils auront même à leur disposition un salon chacun, afin d'y savourer, à leur guise, leur détresse.

Mais dès le long trajet qui les mène jusqu'au bord du Loch Ness, discussions et silences se mêlent agréablement et ils apprennent à s'apprécier entre deux éclats de rire. Noël qui voyait en Holly une enseignante à côté de ses pompes s'étonne de la pertinence de ses propos concernant la didactique et la pédagogie, se souvenant alors qu'elle est pour beaucoup d'élèves leur enseignante préférée. Holly, quant à elle, n'imaginait pas que l'austère professeur de science pouvait être aussi caustique et séduisant.

D'une manière très naturelle, ce sont de belles journées hivernales que les deux enseignants partagent, mettant en commun leur programme respectif. Aussi, aux sessions DVD (savoureux mélanges de films testostéronés et de com-rom) succèdent les longues balades enneigées ; bonhommes et boules de neige ne manquent pas à l'appel, encore moins les bons diners préparés en duo et pris devant la cheminée. Noël découvre l'incroyable musicienne qu'est Holly qui lui offre chaque soir un récital, à la guitare ou au saxophone tandis que la neige n'en finit plus de recouvrir les alentours :

"Elle suivit Noël jusqu'à la porte d'entrée, et, lorsqu'il l'ouvrit et sortit sur le perron, elle regarda avec des yeux émerveillés les flocons cotonneux recouvrir la campagne écossaise d'un manteau d'or blanc."

J'ai adoré voir les liens unissant ces deux âmes en peine se resserer, doucement mais sûrement. En dépit de son court format, le récit prend le temps de s'installer, les personnages se dévoilent doucement l'un à l'autre mais également au lecteur. Holly et Noël connaissent tous les stades qui construisent une relation saine ; leur complicité est une évidence. Ils partagent un même humour et rient beaucoup, se taquinent, se cherchent souvent, se trouvent parfois... ce qui est absolument irrésistible !

Leurs journées m'ont littéralement fait rêver tant leur séjour me semble parfait.

Lisez plutôt :

"(...) ils partirent jouer dans la neige comme des gamins de six ans : ils façonnèrent un énorme bonhomme de neige qui, aux dires de Noël, était le portrait de Danny DeVito (...). Ils terminèrent leur séance par une bataille de boules de neige en bonne et due forme qui les laissa hors d'haleine, mais hilares dans l'air glacial de décembre. Ils rentrèrent ensuite, profitèrent d'un mug de thé et de quelques tartelettes, puis enchaînèrent sur une nouvelle balade le long du loch. (...). Lorsqu'il recommença à neiger, ils rentrèrent, se changèrent, puis se préparèrent un copieux plat de rôties aux fèves. La cuisine terminée, ils s'installèrent dans le salon, déjeunant devant La Communauté de l'anneau. (...). Plus tard, elle récupéra sa Gretsch et entonna quelques chants de Noël. (...). Pour accompagner son thé, Holly se prépara deux tranches de pain tartinés de chocolat, là où Noël optait pour du bacon et quelques oeufs. Ils accompagnèrent le tout des trois quarts d'un paquet de chamallows en regardant La Vie est belle. A la fin du film, Holly était en larmes."

ally

Mais ne vous méprenez pas, mes Chers, Une Seconde chance pour Noël ne se compose pas à 100% de guimauve. Non, non, non ! Et si la quatrième de couverture indique qu'il s'agit d'un récit "sexy", ce n'est pas pour rien car, sur la fin, une bonne dose de piment vient s'ajouter à cette recette déjà parfaite ! Hihi ! Dessous affriolants et bûche dans l'âtre (ahah) s'invitent et la température augmente de quelques centimètres. Heu... pardon... de degrés ! Il s'agissait de ma première fois : jamais je n'avais lu de roman un peu osé auparavant et je dois dire que si cette dizaine de pages épicées ne m'a pas particulièrement émoustillée, j'en ai fortement apprécié la lecture grâce au savoir-dire, tout en simplicité, de l'auteure. En effet, Faye Robertson nous offre de bien belles envolées, pleines de charme, de tendresse mais aussi de sensualité. Pas une once de vulgarité ni de voyeurisme mais de très belles descriptions, entre pudeur et... gémissements.

Neige, humour, amour, Ecosse (^^), sensualidaaaaad,... c'est une excellente nouvelle qui vient clore ce petit recueil et nous en fait oublier les quatre-vingts premières pages.

Chaudement recommandé ;)

Des bisous, mes Doux :)

challenge christmas