Bonjour mes Chers :)

Comment vous portez-vous en ce dimanche ? Cette semaine de reprise s'est-t-elle bien déroulée ? Pas trop difficile de reprendre le chemin du travail ? Je dois dire que je n'ai pas vu ces derniers jours filer, à peine le temps de venir papoter avec vous, ici ou là, ce qui m'a cruellement manqué. Ma semaine a, cependant, été des plus réjouissantes, grâce à des loisirs autres que la conversation, principalement la lecture et le cinéma. J'ai, en effet, lu de très bons romans dont je vous parlerai tout prochainement (j'ai terminé la série Rose, de Holly Webb, l'auteure de la série Lily, dont j'ai chroniqué les deux premiers tomes ; et j'ai dévoré La Reine des délices, un pur régal !).

Du côté des images qui bougent, j'ai encore visionné quelques films tout noëliens, dans la chaleur de mon salon ou, mieux encore, roulée en petite boule, sous ma couette ! La Vie est belle de Capra et Serendipity (Un amour à New York) m'ont enchantée, quant à Esprit de famille, ce fut une merveilleuse découverte, entre rires et larmes, amour, famille, traditions, bons mots,... Je n'en attendais pas autant et, pourtant, le seul casting est un gage de qualité, entre Sarah Jessica Parker -notre Carrie Bradshaw adorée- Claire Danes -parfaite, d'Angela 15 ans à Homeland-, Rachel McAdams -qui m'a fait pleurer dans N'oublie jamais puis dans Il était temps, LA comédie romantique 2013- et, bien sûr, Diane Keaton, inégalable ! La décoration est tout en lumière et douillette, comme j'aime, on joue aux mimes près de la cheminée, on pâtisse des cookies en cuisine ou on pare le sapin de mille couleurs chatoyantes,... Entre deux conflits, réglements de compte et révélations ;)

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J'ai également passé du temps dans les salles obscures et vous recommande très chaudement Philomena, de Stephen Frears, prenant, touchant, drôle aussi, tout pétillant et tendre, illuminé par la présence de Judi Dench. Les Sorcières de Zugarramurdi, d'Alex de la Iglesia m'a totalement transportée par sa folie furieuse ! Les génériques de début et de fin sont sensas', tout comme la scène d'ouverture ; au milieu : du grand et beau n'importe quoi, ultra-maîtrisé et euphorisant. Autre très bon film sorti cette semaine, The Spectacular Now, un teen-movie brillant, intelligent, sobre (contrairement à son personnage principal...), parlant d'amour, de la famille, de l'adolescence avec pertinence et originalité, beaucoup de tendresse encore. Le réalisateur avait signé le très réussi 500 jours ensemble, une précision qui vaut tous les commentaires. J'ai pensé au roman Le Monde de Charlie, qui m'avait profondément touchée et dont j'ai très envie de voir l'adaptation. Moins de chance avec Cadences obstinées, de Fanny Ardant, comédienne que j'affectionne particulièrement. Son film possède son élégance, son charme et son mystère mais il est malheureusement dénué de rythme et totalement désincarné ; les acteurs jouent faux, l'intrigue ne passionne jamais, intéresse à peine... Dommage.

Enfin -et c'est l'objet de mon billet- j'ai vu avec bonheur le biopic de Jalil Lespert consacré à Yves Saint-Laurent. Un film magnifique au casting irréprochable. Pierre Niney est impérial, Guillaume Gallienne très sobre, l'ensemble du casting très soigné ; aucun des acteurs ne sombrent dans l'imitation, mais ils incarnent leur personnage, proposent de véritables créations, des interprétations fidèles à la réalité et toutes personnelles à la fois. Et quelle galerie de personnalités ! Lagerfeld, Dior, Loulou de la Falaise,... Tout le bottin modesque et mondain répond à l'appel et nous permet d'appréhender les vies intime, artistique, créative du couturier L'élégance sobre de la mise en scène, sa précision discrète, son esthétisme si riche sont à la hauteur de la magnificence des collections de Saint-Laurent auxquelles le film rend un émouvant hommage

Yves-Saint-Laurent-Guillaume-Gallienne-Pierre-Niney

Aussi, totalement envoûtée par ce film, j'ai eu envie de replonger dans les quelques impressions que j'avais consignées au sortir de la splendide exposition que le Petit Palais avait consacrée au couturier en 2010. Alors, certes, l'événement n'est plus d'actualité, il est même daté, mais l'univers d'Yves Saint-Laurent, son génie ne sauraient souffrir du temps qui passe alors, pourquoi se priver de quelques belles illustrations ?

Vous me suivez ?

De ces premiers pas chez Dior, en 1958, où il nous éblouit déjà avec la très belle collection "Trapèze", jusqu'à ses toutes dernières robes, légères, aériennes, épurées et colorées créées en 2002, on découvre, grâce à un parcours autant chronologique que thématique, le génie Saint-Laurent, un homme d'une finesse et d'une érudition qui n'ont cessé de nourrir ses créations.

Cette exposition, qui aura été un immense coup de coeur, a comme première grande qualité une scénographie des plus appréciables, qui nous permet d'évoluer de grandes salles pareilles à d'immenses podium sur lesquels des dizaines de silhouettes sont alignées, en petits recoins plus intimistes, proposant alors de découvrir l'oeuvre du couturier n'ont pas à travers une époque ou une collection particulières mais à travers un thème.

Aussi, j'ai particulièrement apprécié la salle mettant à l'honneur l'actrice Catherine Deneuve, dont la classe et l'élégance ne sont plus à démontrer. Et si je ne devais retenir qu'une partie de cette rétrospective, ce serait sans aucune hésitation la petite salle consacrée à la collection réalisée pour le Bal Proust, donné par les Rotschild en 1971. C'est, à mes yeux, la première "étape" qui nous permet de découvrir l'homme qui se cache sous le couturier. En effet, j'ai aimé découvrir les passions et inspirations d'Yves Saint-Laurent. Grand admirateur de Proust, il se révèle un peu plus loin dans l'exposition, amateur d'art, en proposant des pièces inspirées des plus grands artistes, comme Mondrian, Van Gogh, Picasso ou encore Apollinaire.

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Tout comme je suis toujours émerveillée par les chorégraphes qui parviennent à s'exprimer par le mouvement, je l'ai été par la faculté de Saint-Laurent à mettre en forme, à résumer, de manière concrète, nette et directe, tout l'univers artistique d'un autre créateur, à travers ses propres créations, appartenant à un tout autre monde. On s'aperçoit alors que la mode est bel et bien une forme d'art à part entière, pas un art mineur ou, pire, quelque chose de vulgaire ou de superficielle. Entre les mains de génies tels que Yves Saint-Laurent, Coco Chanel ou encore Karl Lagerfeld, elle gagne ses lettres de noblesse. 

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Si les immenses salles dans lesquelles s'entassent littéralement les modèles, sans réelle logique (ou sans trop d'explications), peuvent laisser dubitatif, elles ont le mérite de nous placer au coeur même de l'exposition. Partout où notre regard se pose, que l'on tourne la tête à gauche à droite, ou même que nous regardions au plafond, sur les murs, la mode est là, le style Saint-Laurent nous étourdit de plaisir. J'en ai pris plein les yeux dans l'une des dernières salles proposant un nombre impressionnant de magnifiques tenues de soirée, des robes sublimes, coupées dans des matières lourdes ou, au contraire, légères, mais toujours luxueuses. On s'imagine immanquablement dans un modèle pour changer aussitôt d'avis et jeter son dévolu sur un autre, encore plus magique, féerique. Et c'est alors, qu'au moment de quitter ce petit coin de paradis, on tombe sur un mur entièrement consacré au fameux smoking, décliné sous toutes ses formes, plus inventives les unes que les autres : smoking-robe, pantalon, bermuda, mais surtout le smoking-tutu, ma nouvelle fashion-obsession !

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Alors que cette rétrospective est d'une richesse louable (plus de trois-cents modèles sont exposés, et je ne vous parle pas des documents visuels et sonores qui accompagnent la visite), on peut regretter qu'elle ne mette pas suffisamment en avant la personnalité du couturier. Néanmoins, il ne faut pas oublier qu'il s'agit ici de découvrir son oeuvre, une manière finalement détournée -mais sans doute la plus pertinente- de mieux comprendre l'homme.

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La collection russe, ma préférée, que le film met brillamment à l'honneur.

Peu de temps après cet événement muséal, sortait en salle un documentaire, réalisé par Pierre Thorreton, consacré à Yves Saint-Laurent et Pierre Bergé, que je n'ai malheureusement pas vu. Et vous ? Avez-vous eu cette chance ? Depuis sa parution en librairie, j'ai aussi très envie de lire Beautiful People, d'Alicia Drake qui relate les parcours de Lagerfeld et Saint-Laurent (deux de mes couturiers favoris, aux côtés de Dior et Chanel). L'avez-vous lu ? Je vais le commander la semaine prochaine, je pense ^^.

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Malheureusement, il est trop tard pour découvrir cette belle exposition mais, que vous soyez sensible ou non à la mode, ne manquez pas le film de Jalil Lespert qui vous offrira, assurément, un merveilleux moment de cinéma.

Très bonne journée mes Doux bien sapés ;)