Bonjour tout le monde :)

Le déluge continue de s'abattre sur la France, la fête à la grenouille bat son plein, tirelipin-pontralalala ! Quel merveilleux mois de juillet, mes Chers, n'est-ce pas ?! Oui, oui, je cultive la pensée positive au point de tomber dans le déni : youpi, le soleil brille, les z'oiseaux chantent, dansons la Carmagnole toussa toussa ;) Bon... Pas sûre que la méthode soit super efficace mais tout ce qui peut nous faire sourire en ces temps de grisaille est bon à prendre !

Du coup, hier matin, j'ai pailleté mes yeux, réchauffé mes collants avec des chaussettes montantes ornées de têtes de mort rose fluo et suis partie en vadrouille. Au retour, et ce malgré la pluie, j'avais le sourire et ma besace bien remplie : le dernier numéro du Magazine Littéraire, dont le dossier principal m'a tout de suite interpellée "Comment se détacher du réel et ne plus jamais prendre le monde au sérieux" -tout un programme ^^-, le coffret DVD integral de l'animé japonais Fruits Basket(comme les dessins sont doux et les personnages attachants... Quelle belle histoire...), le roman jeunesse La Malédiction Grimm ainsi que Le Journal de Ma Yan, le journal intime d'une écolière chinoise ; j'ai déniché Jardin Secret dans une superbe édition, que j'offrirai à ma petite mère, à qui j'ai également acheté Les Recettes de Mamette, un livre de cuisine aussi beau qu'original, mettant en scène notre mamie préférée :).

De quoi hiberner encore quelques jours ^^

Besoin de douceur, de magie enfantine, de légèreté et de blagounettes. 

C'est bien pour cela que la lecture du manga que je vais vous présenter aujourd'hui a sa place tout en haut de l'ordonnance riante que devraient nous délivrer nos bons docteurs bobo ! 

En effet, mes Amis, cette très belle histoire d'amitié qui se décline pour l'heure en trois tomes (mais il me semble qu'un quatrième est déjà publié au Japon) est un pur ravissement.

naru

Hanamayata est sucré et pétillant comme une limonade, coloré et tendre comme les bonbons de notre enfance, rempli de gaité, de dynamisme, d'enthousiasme ; bref, c'est le cocktail bonne humeur parfait qui, en plus de nous mettre la joie au coeur, nous initie au Yosakoï, une danse traditionnelle japonaise qui est elle-même un hymne au bonheur. Et pour cause, cette danse créée en 1954 dans la ville de Kochi et qui combine tradition et modernité, m'apparaît tout aussi fédératrice que dynamique, festive, joyeuse ; elle stimule tous les sens et surtout la créativité puisque les danseurs créent non seulement leurs chorégraphies mais choisissent également leur musique et confectionnent leurs costumes ! A vrai dire, chaque troupe, mixte et multigénérationnelle, doit inventer sont propre univers ! C'est donc une danse qui ne connaît nulle contrainte, qui n'est pas codifiée, à travers laquelle chacun peut laisser libre cours à son imagination.

yosakoi

N'allez pas croire pour autant que le résultat a des airs de joyeux bazar anarchique : les représentations nous montrent des danseurs incroyablement synchro, qui bougent comme un seul homme, au rythme des narukos, ces petits clapets en bois que les danseurs tiennent dans chaque main, lorsqu'ils n'ont pas choisi d'autres instruments, tels que le tambourin, ou d'autres accessoires, comme les éventails, les lampions, les drapeaux. Ces ensembles dansants sont colorés, vifs, radieux ; les costumes de toute beauté, la musique entraînante, les chorégraphies impressionnent par leur précision mais aussi leur légèreté. J'ai regardé tout plein de vidéo sur le Net et j'ai été totalement éblouie ! Les danseurs sont souriants et semblent ne plus toucher terre : ils virevoltent tels de somptueux papillons !!

super_yosakoi_main

Pas étonnant que la petite héroïne d'Hanayamata, Naru, pense avoir surpris une fée lorsqu'elle croise Hana pour la première fois dans son costume de danseuse.

Ah ! Comme j'ai aimé ces deux collégiennes ! Il faut absolument que je vous les présente ! Toutes deux sont âgées de quatorze ans et fréquentent le même collège. La liste de leurs points communs s'arrête là ! Car si Naru est une jeune fille très introvertie qui trouve refuge dans les livres et films jeunesse (ce qui lui vaut une réputation de "gamine"), aime s'évader dans des mondes imaginaires, Hana, qui arrive tout droit des Etats-Unis, est une forte personnalité, une blondinette toute pimpante qui déborde d'énergie et d'enthousiasme. Férue de Yosakoï depuis des vacances passées au Japon alors qu'elle était enfant, elle n'a toujours souhaité qu'une chose : revenir dans le pays de son coeur et s'y installer, afin de pouvoir s'adonner à sa passion. Dès ses premiers jours au collège, elle n'a plus qu'une idée en tête, recruter des partenaires afin de monter un club et fonder une troupe. Malheureusement, ses espoirs sont vite déçus car le Yosakoï ne semble pas intéresser ses camarades japonaises qui n'ont jamais entendu parler de cette danse. Fidèle à elle-même et à ses rêves, Hana ne perd pas espoir. Elle jette alors son dévolu sur Naru qui, justement, aimerait beaucoup avoir un passe-temps bien à elle, une passion dans laquelle s'investir, à l'instar de toutes les adolescentes qui l'entourent et la raillent. Malheureusement, la jeune fille n'a aucune confiance en elle, se trouve insignifiante et, tout au fond d'elle-même, a peur de voir sa petite routine rassurante perturbée. Toutefois, si l'insistance d'Hana l'agace bien souvent, sa persévérance n'en finit pas de l'étonner et d'attiser sa curiosité. Aussi, Naru se laisse-t-elle convaincre de s'initier au Yosakoï

hana

Mais l'aventure ne fait que commencer pour nos deux héroïnes puisque pour fonder un club au sein d'un établissement scolaire, il doit rassembler un minimum de quatre membres et être parrainé par un professeur. Les voici donc lancées dans la "mission-recrutement" qui leur permet de (re)nouer des amitiés avec la revêche Yaya et la douce Tami tandis que deux adultes se mêlent à la fête, Sally, une toute jeune enseignante qui rêve de revenir sur les bancs de l'école, et Katsu, propriétaire d'une boutique dédiée au Yosakoï qui décide de prendre le groupe d'amies sous son aile. Prochaine étape : pouvoir participer au grand festival d'été !!

Hanayamata - OP - Large 05

Ah, mes Chers ! Je pense qu'il est inutile que j'en dise davantage pour vous convaincre de mon enthousiasme ! Passionnée par la danse depuis ma plus tendre enfance et totalement amoureuse de la culture japonaise, ce manga avait de grandes chances de me combler mais je n'en attendais pas tant ! J'ai été littéralement embarquée par l'univers créé par Hamayumiba Sô qui, en plus de nous offrir des illustrations absolument magnifiques, nous invite à lire un récit de grande qualité, par son fond et son style. En effet, c'est la première fois que je lis un manga à l'écriture si soignée ; l'histoire est prenante, originale, très bien construite mais elle est également servie par une plume d'une grande finesse, le vocabulaire est délicat, soutenu, poétique, avec toutefois des touches d'humour piquant bienvenues. N'oublions pas que nous sommes dans un univers féminins, d'adolescentes qui plus est. Et celles-ci sont croquées avec beaucoup de délicatesse... J'ai aimé chacune des quatre personnalités rencontrées, la timidité de Naru, le grain de folie d'Hana, la douceur de Tami et le côté "dure au coeur tendre" de Yaya.

Contrairement aux deux séries lues précédemment, l'amour n'est pas au programme de ce Shojo et c'est tant mieux ! Ainsi, l'intrigue se focalise uniquement sur l'amitié qui unit les jeunes filles et leur intérêt commun pour la danse. En outre, elles ne rencontrent aucun obstacle extérieur et on ne leur connaît pas d'adversaires mais elles doivent néanmoins affronter leur pire ennemi : elles-mêmes. Si Naru doit surmonter sa timidité maladive, Tami doit prendre sur elle de pratiquer, pour la toute première fois de sa vie de Princesse des temps modernes, une activité qu'elle a elle-même choisie et qui ne répond pas aux seules exigences de son père.

hana hana

Tout est donc parfait dans ce manga qui sans jamais être mièvre livre une belle leçon de vie : il ne faut jamais renoncer à ses rêves mais toujours aller de l'avant, prendre des risques et ne jamais renoncer. Hana se révèle alors comme la meneuse de jeu, son éducation "à l'américaine" en fait une battante sur laquelle ses camarades peuvent prendre exemple et appui.

Il s'agit d'une lecture très positive, une très belle histoire d'amitié qui donne non seulement le sourire mais aussi envie de conquérir le monde, son monde bien à soi, où rien n'est trop beau pour être vrai, où tous les rêves sont possibles.

De la pensée positive en images et en bulles !!

Vous en prendrez bien une petite dose, les Amis ?! Je paye ma tournée ;)

En cherchant quelques illustrations pour mon billet, je suis tombée sur cet article brillament écrit (si je n'avais pas déjà lu ce manga, il m'aurait donné envie de sauter dessus dans la seconde, hihi !), accompagné du trailer de Hanayamata et de nombreuses photos de représentations de yosakoï. Je vous encourage à y jeter un oeil ;)

Des bises à tous :)))