Bonjour mes Chers,

C'est sur la pointe des pieds, sans trop savoir comment ni par quoi commencer, que je vous reviens aujourd'hui. Attendons-nous, aussi bien vous que moi, à un billet totalement décousu et aussi gonflé qu'une belle brioche ! 

J'ai été longuement absente et en suis sincèrement désolée d'autant que, ne passant plus du tout par mon blog ces temps-ci, je découvre à l'instant quelques commentaires inquiets d'adorables lectrices... Aussi, auprès d'elles et de toutes les autres, je m'excuse bien platement et vous assure que je n'avais aucunement l'intention de faire l'intéressante ou de vous créer du souci. Sans entrer dans des détails inintéressants, quelques explications s'imposent : après un été rigoureusement studieux au cours duquel j'ai activement préparé ma toute première rentrée dans l'enseignement secondaire, le mois de septembre a commencé dans un véritable tourbillon dont la course effrénée a été stoppée par ma décision de démissionner. Oui, cela peut paraître surprenant, mais il m'est apparu de manière tout à fait flagrante que, dans les conditions qui sont celles que nous connaissons en France actuellement, j'allais être incapable d'enseigner, du moins, de croire en ma mission. Or, il me semble inconcevable de s'engager sur la voie de l'enseignement sans avoir la foi. Je suis littéralement écoeurée par le système éducatif français, je ne supporte plus cette violence -de toutes parts-, ces réformes à la noix, et tout le reste. Je n'avais pas envie d'endosser le costume (le déguisement, même) d'éducatrice spécialisée, pas envie de me rendre sur mon lieu de travail la boule au ventre, pas plus que de participer à cette vaste masquerade. Et bien d'autres choses encore qui m'ont poussée vers l'issue de secours. Cette décision a été difficile à prendre et il m'a fallu faire le deuil d'une partie de ma vie ; heureusement, j'ai été fortement soutenue par ma mère et ma grand-mère mais aussi par ma tutrice et mon chef d'établissement qui ont parfaitement compris et adhéré à mon choix, allant même jusqu'à saluer mon courage et "l'élégance de mon geste". C'est dire à quel point quelque chose cloche dans cette grande famille qu'est l'Educ' Nat'.

J'ai donc mis à profit ces derniers jours pour réfléchir posément, cerner mes envies et désirs, mes compétences aussi, et je pense avoir trouvé le bon chemin. Je ne vous en dis pas plus pour l'instant car rien n'est encore certain mais c'est la première fois que j'ai le sentiment d'être en accord avec moi-même, que le projet professionnel que je souhaite concrétiser est en harmonie avec ma personnalité, ma philosophie de vie, mes croyances, qu'il ne subit pas l'influence, implicite ou non, de mes professeurs, de mon parcours scolaire, de mes proches. Le simple fait de penser à ce nouvel avenir professionnel qui se dessine me rend heureuse comme jamais, comme si toutes les pièces d'un immense puzzle bordélique trouvaient enfin leur place. Harmonie, est vraiment le mot qui illustre au mieux ce que tout cela m'inspire. 

Cette expérience assez difficile aura donc été une merveilleuse occasion pour moi de me découvrir un peu plus et, alors même que je venais de souffler ma si symbolique trentième bougie, elle me donne le sentiment d'avoir beaucoup grandi, mûri, évolué. Je me sens plus déterminée, plus forte car, tout simplement, à ma place. Je croise les doigts pour que les petits cailloux semés par la vie continuent de me mener aussi agréablement vers ma propre ligne d'arrivée. 

Voilà que vous savez presque tout, mes Chers !

Mais puisqu'a sonné l'heure des confessions, je dois vous avouer que j'avais encore bien d'autres (mauvaises ^^) excuses pour vous abandonner aussi longtemps ! Hi hi !

En tout premier lieu, après un mois d'août tristement grisouille (même si cela m'arrangeait bien puisque j'avais le nez dans mes bouquins de 4h du matin à 20h, chaque jour) (oui, je m'appelle Emma et je suis workaholic ^^), j'ai profité à fond la forme du magnifique été indien qui nous a été offert. J'ai fui les salles de ciné et de musées au profit des parcs et jardins, pour de longues séances d'écriture (intime et correspondance) et de lecture.

J'ai traversé une période "manga", au cours de laquelle je me suis plongée avec bonheur dans les quatre tomes du Chateau ambulant, une véritable merveille (histoire et illustrations), j'ai poursuivi les adorables aventures de Panettone et sa copine Praline avec le troisième volet de Pan Pan Panda et j'ai fait deux découvertes avec la série Amulet, en cinq volumes (très sympa) et les trois albums tout en douceur Kamisama, trois recueils de trois nouvelles dessinées mettant en scène des chats intrépides, des fillettes adorables et des petites déesses facétieuses dans des voyages poétiques et oniriques pastellisés. Un ravissement pour l'imagination, l'âme et le coeur.

kamisama

J'ai aussi fureté du côté de la littérature jeunesse en dévorant le bien-intitulé Automne, de Jan Henrik Nielsen, dystopie norvégienne sensible et touchante, très émouvante, et les deux premiers tomes des péripéties de Kat, l'apprentie sorcière, petite bonne femme pleine de courage née sous la plume de Stephanie Burgis. L'auteure nous offre sur un plateau d'argent une nouvelle héroïne avec qui frissonner et rigoler, des récits empreints de magie qui rendent  hommage à l'univers et la verve ironique de Jane Austen. Chaudement recommandés ^^

Avec la rentrée, si tombent les feuilles, fleurissent les affiches de films. Et j'aimerais vous en signaler deux qui m'ont plus qu'enthousiasmée.

Tout d'abord, l'adaptation de Gemma Bovery de Posy Simmonds par Anne Fontaine, qui m'a séduite par son humour mais surtout ses magnifiques images de la campagne normande sur laquelle souffle un vent de nostalgie. En effet, si certains pourraient être agacés par le côté "carte postale" de ces paysages (c'est vrai que plane sur certaines scènes le souvenir de ces publicités familiales pour l'ami du petit déjeuner, l'ami Ricotruc !), cet aspect délicieusement suranné m'a charmée. J'ai eu envie de chausser mes bottes de pluie pour me perdre dans une forêt dorée en compagnie de chiens tout aussi flamboyants, de diner autour d'une immense table en bois solide, de lire au coin du feu, lovée dans un fauteuil-nid douillet, de croquer dans une miche de pain, frais, croustillant, dont le parfum de la mie embaume l'air en un battement de coeur. En somme, Gemma Bovary est un film bigrement automnien bien que totalement solaire ! Griotte sur le cake, si Luchini est parfait, tout en sobriété, Gemma Arteton est encore plus affolante dans les robes fleuries de Gemma que moulée dans le short en jean de Tamara Drewe. Si, si, c'est possible !

pride

Second coup de coeur pour Pride, de Matthew Warchus, tragi-comédie sociale dont seuls les britanniques ont le secret. Dans la lignée de The Full Monty, Calendar Girls, Good Morning England, We want sex equality, pas très loin non plus des films les plus riants de Ken Loach, Pride m'a conquise grâce à son casting très réussi et ses dialogues savoureux, son ambiance qui mêle habilement grandes émotions et éclats de rires. J'ai passé deux heures à osciller entre larmes et sourires, laissant sereinement aller mes sentiments. CQFD. Retraçant le combat réel des mineurs grévistes et d'un groupe d'activistes gay et lesbien, durant l'été 1984 (époque tatcherienne), Pride nous rappelle que diversité et solidarité sont les meilleures armes contre le pouvoir et nous donne une belle leçon de courage et d'humanité, jamais superflue dans ce monde de brutus égoïstes.

Ciné, lecture, flâneries champêtres,... J'ai également mis à profit les quelques heures passées à la maison pour découvrir -avec bien du retard- la série Drop Dead Diva ! Connaissez-vous ? J'avais aperçu le premier épisode, il y a quatre ans, un matin où -ayant perdu ma voix- j'étais restée à la maison (ba oui, pas facile d'enseigner en mode muet ^^), mais je devais être trop cappuccino pour succomber au charme et à la drôlerie de Jane, l'héroïne de ces aventures juridico-romantiques ! Que de temps perdu, d'autant que j'ai pu suivre uniquement les saisons 4 et 5 (dont il me reste le tout dernier épisode pour ce soir, snif). 

drop dead diva 

Pour me consoler (aheum), je me suis offert la semaine dernière les deux coffrets du manga animés de mon enfance, Lady Oscar et celui de la mini-série Lost in Austen, avec sa belle brochette d'acteurs so british, dont Hugh Bonneville et Gemma Bovery, heu... Arterton. Une découverte à venir pour moi, et vous ?

Si j'aime toutes ces activités-douillettes, vous savez également que je suis une petite boule d'énergie qui tient difficilement en place ! Aussi, c'est avec le plus grand des bonheurs que j'ai repris le chemin du studio de danse et de la salle de sport ! Au programme, beaucoup de course à pied et un florilège de disciplines axées sur la respiration et la relaxation : mon habituel trio, yoga, Pilate, Body Balance, auquel j'ai ajouté le Tai Chi. Grâce à ce cocktail alliant sérénité et vitalité, je me sens incroyablement calme et pleine d'entrain. En outre, ces différentes pratiques sont intimement liées à mon projet professionnel au coeur duquel résonnent les notions de santé, de bien-être, de plénitude et de don de soi. A tout ceux qui pensent que "le sport" n'est pas fait pour eux, je vous conseille de tout mon coeur de vous intéresser à ces disciplines qui nourrissent l'âme mais font également beaucoup de bien au corps : renforcement des muscles profonds, confort articulaire, meilleur maintien,... On a tout a y gagner.

tai chi

Cela ne nous aura pas échappé, malgré une météo éblouissante, c'est sous le signe de l'automne que nous avons commencé la semaine. J'en suis, bien entendu, plus que ravie, cette saison étant ma préférée. C'est celle des pulls aux cols XXL, dans lesquels on aime paresser le dimanche, des balades en pleine nature, des tisanes épicées, des omelettes aux champi', des lectures réconfortantes, des parfums boisés ; celle qui donne envie d'authenticité, de retour aux sources,... J'imagine des romans champêtres, signés Bourdin ou Signol, qui fleurent bon la Provence et la terre mouillée, des grandes sagas familiales, avec secrets enfouis et révélations dignes de bouleverser mille destins tout tracés ; je me dis que c'est le moment idéal pour découvrir la plume de Kate Morton, pour plonger dans La Dernière valse de Mathilda. J'aspire aussi à admirer les grands espaces nord-américains, j'ai des envies de grandes chevauchées (La Balade de Pell Ridley, de Meg Rosoff m'attend), de littérature québécoise (La Tournée d'automne, de Jacques Poulin a enfin trouvé refuge dans ma bibliothèque) et irlandaise (Cathy Kelly, Maeve Binchy, Rosamunde Pilcher,...). Un retour à la nature (j'ai terminé hier Le Détour, de Gerbrand Bakker et Le Vent dans les saules, de Kenneth Grahame est sur ma liste), aux vraies valeurs qu'incarne Pierre Rabhi, agriculteur, écrivain et philosophe dont il me tarde de partager les expériences.

shire

En automne, j'ai plus que jamais envie de parcourir la Shire, de trouver mon Nord chez les Hobbits, qui ont, à n'en pas douter, le sens de l'hospitalité comme de la fête. Rêve plus accessible, m'inscrire au club équestre de Vincennes (mais pour cela, il faudrait que le Monsieur ou la Madame qui a créé le Monde reprenne sa copie pour nous offrir un huitième jour !).

Tout ceci promet des heures heureuses et paisibles mais avant de somnoler près de l'âtre (bon, ok, du radiateur), je vais à nouveau vous abandonner une petite semaine car j'ai rendez-vous avec le soleil d'Agadir ! Et oui, mes Chers, car après cet été dur-dur, nous avons bien mérité, ma petite Mère et moi-même, quelques jours de vacances ! Au programme : balades les pieds dans l'eau, flânerie du côté de la Marina, magasinage au souk, visite d'une ferme (j'espère) et excursion équestre, bonne humeur, dépaysement, mets savoureux et l'indispensable cure de remise en forme au SPA de l'hôtel ! J'espère retrouver les mains délicates d'Hanane, l'adorable jeune femme qui s'était occupée de moi au printemps et m'avais, par sa gentillesse, réconciliée avec mon petit corps freluquet ^^

cheval

Il est certain que cette huitaine va passer à vive allure, même si je vais tout faire pour retenir le temps. J'ai néanmoins glissé dans ma valise crayons et livre de coloriage tout fleuri et quelques lectures pour combler mes petits creux ! Dans mon bagage à main, on trouvera le roman que j'ai commencé hier soir et qui m'a immédiatement charmée, Le restaurant de l'amour retrouvé, d'Ogawa Ito, ainsi que le second numéro de la revue Secrets d'histoire et les derniers Avantages, Psychologie et Yoga. Bien calés entre mes petites robes et mes Tropéziennes, A l'aube des jours heureux, de Roxanne Snopeck, pour une virée au ranch placée sous le signe de la romance, et Le Silence de Grey House, par Deanna Raybourn, romance à suspense dans l'Angleterre victorienne. Frissons garantis par les éditions Milady ! Mais le polar qui ouvrira le bal est assurément Avant d'aller dormir, de S.J. Watson, lecture qui me permettra de me diriger, dès mon retour, vers une salle obscure avec le sentiment d'avoir bien fait mes devoirs de vacances, puisque c'est aujourd'hui même qu'est sortie son adaptation-ciné, avec un bien beau casting regroupant Colin Firth et Nicole Kidman (et celle des Apparences -autre polar manifestement très lu et apprécié qui ne figure pas encore dans mon carnet de lecture- suivra sous le titre, Gone Girl, un événement signé Fincher)A noter aussi la sortie tant attendue du Saint-Laurent de Bonello, réalisateur dont j'aime beaucoup l'univers. 

Je vous avez prévenus, mes Doux, ce billet nous aura menés partout et nulle part et je gage que vous serez bien contents d'avoir devant vous une longue semaine pour en venir à bout :)

Sur toutes ces bonnes nouvelles, je vous abandonne en vous assurant, très très très sincèrement, de ma joie de vous retrouver !!

Bel automne à tous, excellente fin de semaine et des bises, des bises, des bises :)