Bonjour mes Chers !

Comment allez-vous en ce début de semaine ? De mon côté, je peux vous dire que je fais moins la maligne que ce week-end, lorsque je vantais la douceur de l'air parisien ! En effet, en deux petites journées, l'automne s'est imposé, et pas qu'un peu ! Pluie battante, vent-glagla, humidité pénétrante, une quinzaine de degrés en moins et hop, la goutte au nez fait son retour, héhé ! J'ai remisé dans leur couffin mes Tropéziennes que je portais encore vendredi sans l'ombre d'une onglée et étrenné mes nouvelles creeksouilles toute de peau de zouzou fourrées.

Le temps est à la fraîcheur et malheureusement à la grisaille. Alors le matin c'est luminothérapie, le retour et dès la fin d'aprèm : chaussettes-bouclettes et cheminée-radiateur, les mains réchauffées par une tasse de thé fumé (Le thé du tigre, mioum !).

Hier, sans même l'avoir prémédité, ma matinée a pris des couleurs noëliennes. Ouai, carrément ! J'ai paressé au dodo (oui, bon... comme je me réveille avant 6h, j'ai le droit !) et j'ai lu la toute première aventure de Plume.

Connaissez-vous cet adorable ourson polaire imaginé par Hans de Beer ?

Je viens de faire un beau voyage à ses côtés, de la banquise au sable chaud de l'Afrique -grâce à un ami qui m'ayant donné le surnom de Plume m'a offert trois albums- et suis charmée par son espièglerie et sa fourrure-doudou. Histoire jolie-jolie et pas bête pour un sou (bien que 100% animalière !), dialogues rigolos, bienveillance et solidarité, avec -en prime- de bien belles illustrations toutes douces.

plume

D'humeur coton, j'ai séché mon cours de danse (pas bien !), me suis préparé un thé savoureusement épicé et j'ai petit-déjeuné (pomme-cannelle, clémentine juteuse et petit biscuit à l'anis du Maroc ^^) devant Nuits blanches à Seattle, que je n'avais jamais vu. Quel bonheur que ce film de pure atmosphère ! L'histoire est jolie comme tout, nous permet de retrouver Tom Hanks et Meg Ryan (fabuleux duo de Vous avez un message) et a le bon goût de se dérouler entre Noël et la Saint-Valentin. J'ai tout simplement adoré ! A ajouter absolument à notre liste de Christmas Movies

J'aime tellement la période des fêtes ! Vous aussi, pas vrai ?! Mais comme chaque chose en son temps, je compte profiter, tout doux, tout doucement, de l'introduction à la froide saison, en dorlotant mon automne. Aussi, j'ai préparé une petite liste de livres à lire durant les mois d'octobre et novembre, avec une mini-sélection halloweenienne, et j'ai noté deux-trois titres hivernaux, le tout pioché dans ma PAL que je compte bien faire baisser (avant les excès des agapes de décembre ^^). Vous l'aurez compris, nous reparlerons feuilles rousses et flocons à maintes occasion ici même.

Sleepless-in-Seattle 

Même le petit bonhomme (fils de Tom) est choupitrognon et en aucun cas horripilant (contrairement au blondin de Love Actually qui me met les nerfs en pelote de laine ^^

Mais en attendant, que diriez-vous de profiter encore un peu de la chaleur estivale grâce à une escapade dans les Cantons-de-l'Est en compagnie du couple Gamache ? C'est ce matin que j'ai terminé, enchantée, le quatrième volet des enquêtes de l'inspecteur-chef Armand Gamache, signé Louise Penny, comme les trois fois précédentes, je n'ai que des éloges à faire.

Défense de tuer se déroule au coeur d'un été caniculaire. Nous retrouvons l'inspecteur-chef en compagnie de son épouse, Reine-Marie, à quelques lieues du paisible village de Three Pines, plus précisément, au Manoir Bellechasse où, depuis trente-cinq ans, les amoureux célèbrent leur anniversaire de coeur. Ils partagent cette fabuleuse maison d'hôtes avec quelques autres clients dont la riche famille Morrow venue rendre hommage au défunt patriarche en l'honneur de qui une imposante statue va être inaugurer dans le jardin de la propriété. Avec ses membres tous plus névrosés les uns que les autres, ces anglos ont emporté dans leurs valises rancoeurs, secrets et non-dits. Pas très étonnant qu'à peine leurs malles déposées, un meurtre soit commis au nez et à la moustache de Gamache... Et pas des moindres : l'un d'entre eux est retrouvé au petit matin littéralement écrasé par la statue du paternel, une oeuvre d'art d'un poids considérable, qu'une équipe de rugbymen ne parviendrait pas à fait bouger de plus d'un millimètre.

Qui ? Pourquoi ? Mais surtout Comment ? sont les trois questions qui vont occuper l'esprit de Gamache et son équipe.

Pas facile tout ça, surtout lorsque les taons s'en mêlent au grand désespoir de l'irrésistible Beauvoir (qui m'a encore une fois bien fait rire avec sa préciosité à toute épreuve). Néanmoins, aucun mystère n'est trop épais pour ces Québécois de choc et, entre deux repas généreux et un plongeon rafraîchissant dans le lac, ils parviendront à lever le voile noir corbeau jeté sur des décennies de mésentente familiale.

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C'est avec un brin d'appréhension (et de regret) que j'ai commencé cette lecture : très heureuse de retrouver la plume de Louise Penny et la personnalité attachante du dandy-cool qu'est Gamache, je regrettais qu'elle n'offre pas l'occasion d'un séjour à Three Pines, ce petit village rudement cosy, peuplé de ses habitants qui sont tous devenus des amis de papier, Gabri et Olivier, les propriétaires des accueillants bistro et gîte, Myrna et sa librairie de livres neufs et anciens ainsi que l'inénarrable poétesse Ruth et son caractère de chacal. Mais quelques lignes ont suffi à me rassurer, le Manoir Bellechasse n'ayant rien à envier à la plus chaleureuse des terres d'accueil. Les descriptions qui nous en sont faites sont des petits tableaux dans lesquels ont prend plaisir à se lover, avec un thé réconfortant ou un cognac revigorant. Entre la maîtresse de maison, Clémentine Dubois, et la chef Véronique, qui fait merveille aux fourneaux, ont se sent chouchouté, cajolé, comme rarement. J'ai aimé déambuler dans le jardin l'oreille attentive à la langue des oiseaux, prendre l'air sur la galerie, observant les vacanciers depuis un confortable fauteuil Adirondack, choisir un livre au hasard dans la bibliothèque transformée en QG pour les besoins de l'enquête, mais surtout partager tous les repas, richement détaillés (et riches, tout court !) savourés par notre équipe de fins limiers. Oeufs benedict et bacon, pancakes, sirop d'érable et confiture de bleuets, miel maison, oignons caramélisés et burger, salade de homard, fondant au choco' mentholé, bière au gingembre, limonade toute rose, sandwiches au concombre (sans la croûte) et petits biscuits pour le goûter,... Que d'occasions de saliver ! Comme toujours, l'atmosphère est ce que semble privilégier l'auteure qui nous fait vivre mais aussi sentir l'histoire qu'elle nous conte, agrémentée de récits mythologiques et de quelques vers de poésie.

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L'intrigue en elle-même a captivé toute mon attention pour la raison simple qu'elle nous fait découvrir, très lentement mais sûrement, chacun des membres de la famille Morrow, drapé dans des apparences trompeuses. Aucun d'entre eux n'est ce qu'il prétend être, ni même ce qu'il pense être, encore moins ce que les autres pensent de lui. J'ai trouvé triste qu'une fratrie se connaisse si mal, en vienne à mépriser les liens du sang, censés être les plus solides. Mais au fur et à mesure que les personnalités se dévoilent, que les personnages se révèlent à eux-mêmes, on apprend à les comprendre. Même les absents -morts ou vifs- ont leur place au coeur de ce marasme et c'est un profond attachement, une réelle empathie que l'on finit par éprouver pour chacun d'eux. Louise Penny semble une femme très sensible, réceptive, ouverte aux autres ; jamais elle ne juge ses personnages, au contraire, elle fait preuve d'une touchante sollicitude, sait révéler le côté le plus humain, le plus fragile, de chacun.

Roman autour de la filiation, Défense de tuer nous permet également d'en apprendre bien davantage au sujet de notre inspecteur chef adoré, de son enfance, du passé de son propre père. En outre, il connaît un léger désaccord avec son fils Daniel, exilé à Paris avec son épouse qui attend leur second enfant.

Cerise sur le muffin (maison, bien sûr), il est infiniment plaisant de passer du temps auprès des Gamache amoureux comme aux premiers jours. Il se confirme qu'il s'agit d'un couple très complice ; ils se taquinent avec autant de grâce qu'ils se font la cour, badinent avec brio quand ils n'échangent pas gestes tendres et mots doux, petites attentions anodines et qui pourtant en disent long, très long de la tendresse et du respect qui les lient. Reine-Marie est une femme très attachante, douce, posée, très compréhensive avec son mari et son entourage. A l'instar de Louise Penny, on devine aisément sa bonté d'âme, son absence de jugement envers autrui, envers elle-même également (ce qui la rend si sage et placide), son humilité. 

Parmi les nombreux passages témoins de leur bel amour comme de la paisible sensualité qui ce dégage de ce roman, j'ai relevé celui-ci :

"Le jardin sentait la terre fraîchement bêchée et les roses. De temps en temps, une légère odeur de fines herbes lui parvenait du potager. Mais la senteur dont elle avait envie, et qu'elle respira lorsqu'elle s'appuya contre son mari, était celle du bois de santal. C'était plus que son eau de Cologne : le parfum semblait émaner de lui. C'était l'odeur de chaque saison. L'odeur associée à l'amour, à la stabilité, au sentiment d'appartenance. Ce parfum représentait l'amitié, le bien-être, la paix." 

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Alors même si nous nous rendons peu à Three Pines (mais, ne vous en faites pas, la Fête du Canada est une merveilleuse occasion de savourer, entre amis, un généreux pique-nique !), nous prenons assurément beaucoup de plaisir à séjourner dans ce volume qui allie à la perfection partie de Cluedo rebondissante et plaisirs douillets.

Le cinquième tome, Révélation Brutale m'attend déjà mais je vais patienter quelques jours avant de m'y plonger car je ressens un petit déchirement à chaque fois que je quitte cette chaleureuse ambiance. Ma prochaine lecture sera néanmoins québécoise et automnale puisque je commencerai ce soir La Tournée d'automne de Jacques Poulin, fort apprécié des copinautes qui l'ont déjà lu, n'est-ce pas les filles ?!

Des bises :)