Bonjour, bonjour !

Comment allez-vous mes Chers ?!

Le soleil est de retour et bien décidé à nous tenir compagnie quelques jours ! Chic ! 

Vous pouvez me croire, j'en profite autant que possible pour passer d'agréables heures en promenade, entre grandes marches parisiennes, exposition (Moi Auguste, Empereur de Rome, au Grand Palais : passionnante, émouvante et d'une richesse dingue) et ciné (deux coups de coeur cette semaine, Cupcakes, d'Eytan Fox, une comédie des plus pétillantes, et Bird People, de Pascale Ferran, définition même des adjectifs "fantastique" et "planant").

A propos de cinéma, souvenez-vous, il y a quelques semaines, je vous parlais du court film d'animation Linnea dans le jardin de Monet ? Et bien il est à nouveau projeté dans quelques salles françaises en ce moment, notamment au Reflet Médicis à Paris, où j'ai pu le voir. Je vous conseille donc de guetter les programmations de vos cinés de proximité, on ne sait jamais qu'une belle surprise vous y attende ;)

Rassurez-vous, même si je passe beaucoup de temps dehors, je prends toutefois le temps de faire honneur à la littérature, en voici la preuve !

Séduite par le premier tome des chroniques édimbourgeoises signées Sir AMCM, j'avais sauté sur sa suite dès sa sortie, autrement dit en 2008. Six années, donc, que ce deuxième volume somnolait dans ma bibliothèque. Y a pas à dire, les livres ont vraiment une patience d'ange ! Mon défi perso qui consiste à piocher la plupart de mes lectures printemps-été dans ma PAL m'aura donc permis de l'en extraire et, cerise sur le cake, de me régaler avec ces quatre cents pages d'humour, de tendresse et de philosophie.

Pour ceux qui ne connaissent pas le principe des Chroniques d'Edimbourg, leur créateur se chargent de nous le rappeler en début d'ouvrage : il s'agit d'un roman-feuilleton publié, à l'origine, dans le quotidien The Scotsman, sous forme d'épisodes, rassemblés par la suite en plusieurs volumes. Ces petites tranches de vie nous amènent à pousser la porte du 44, Scotland Street où réside une ribambelle de personnalités aussi variées que déroutantes, loufoques et attachantes. On se prend très vite au jeu qui devient passionnant au fur et à mesure qu'on en apprend sur chacun.

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Dans ce deuxième volet, nous retrouvons Pat qui partage toujours l'appartement de Bruce, son proprio-coloc ultra-narcissique. Si la jeune femme poursuit son petit bonhomme de chemin, satisfaite de son travail à mi-temps dans la galerie d'art que tient Matthew et s'apprêtant à reprendre ses études universitaires, notre narcisse s'est fait vulgairement lourdé de son poste -chose qu'il est bien trop fier pour l'admettre, prétendant alors avoir pris la décision de voler de ses propres ailes- et ambitionne une nouvelle carrière de marchand de vins. Leur voisine, Domenica, la soixantaine épanouie, vivote, en attente d'un nouveau projet anthropologique pour repartir à la conquête du monde. A l'étage inférieur, Bertie, du haut de ses six ans, subit toujours l'obsession de sa mère qui n'a pas renoncé à son vaste projet, faire de son fils un être d'exception. Aussi, le petit garçon enchaîne cours de yoga, d'italien ou de saxophone (lorsqu'il n'est pas en thérapie avec l'atroce Dr Fairbairn), alors qu'il ne rêve que de trains, de matches de rugby et de parties de pêche. Il n'a pas son mot à dire mais tente, à l'instar de son père qui souhaite enfin participer à l'éducation de son rejeton, de faire entendre sa voix dans l'espoir de connaître les plaisirs simples de l'enfance, quitte à faire quelques coups en douce. Autour de ce petit monde gravitent des personnages satellites, dont on apprécie avec autant de délectation les tribulations : le poète Angus et son irrésistible chien, Big Lou derrière le comptoir de son café où on passera bien quelques heures à siroter du thé en lisant le journal, le père de Matthew et sa nouvelle fiancée soupçonnée par son futur beau-fils d'être intéressée plus qu'amoureuse (une intrigue qui se met en place doucement mais sûrement dans ce tome et promet d'éclater dans le suivant. Du moins, c'est ce que j'espère !).

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C'est à nouveau un grand plaisir que de séjourner au 44 Scotland Street, en compagnie de cette charmante communauté mais aussi de savourer la plume d'AMCS qui compte définitivement parmi mes auteurs favoris. Quelle verve, quel humour et surtout quelle sensibilité. Il est, en effet, impressionnant de voir avec quelle virtuosité il parvient à se glisser dans la peau de ses personnages passant de l'irritant Bruce à la joyeuse Domenica sans pour autant trahir les pensées du jeune Bertie. Ce dernier est assurément le personnage le plus intéressant et il connaît une évolution flagrante tandis que les moments qu'il passe avec son père nous émeuvent forcément. On a la chance de partager tout ce qui traverse la caboche de cet adorable petit bonhomme à l'intelligence supérieure mais qui ne se donne jamais des airs ; il est tour à tour très émouvant puis ficelle ! Son besoin d'affirmation, d'émancipation est pertinent et touchant et on s'y accroche tout aussi fermement que lui, dévorant les épisodes le concernant, encore et encore. Un volume tout entier consacré à Bertie et ses parents (car ceux-ci ne sont absolument pas en reste) ne serait pas une mauvaise chose (d'ailleurs, en Ecosse, une pièce de théâtre met en scène les péripéties de Bertie) !! En tout cas, une chose est sûre, le troisième volume des Chroniques risquent de leur en faire voir de toutes les couleurs !!).

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Bertie devant le 44 Scotland Street

Personnages au caractère et à la psychologie fouillés, jubilatoire prose philosophique qui nous mène loin, trèèèèès loin, sur le chemin de la réflexion tout en nous réjouissant, mais aussi immanquable balade au coeur de la fascinante ville d'Edimbourg, à la découverte de la culture écossaise (peintres, auteurs, poètes sont fort souvent cités), voilà les ingrédient réunis dans ce très chouette volume qui ne se distingue pas seulement pas son aspect divertissant mais aussi par sa profondeur (émotions, psychologie, réflexion, culture). Tout comme lorsque je lis les aventures d'Isabel Dalhousie (autre héroïne chroquée par AMCS), c'est accompagnée de mon petit guide de la ville et de son précieux plan que je me faufile aux côtés des personnages. L'auteur rend hommage à sa ville dès que l'occasion se présente et l'on sent à quel point il l'aime et souhaite nous la faire connaître. Itinéraires détaillés, lieux incontournables, noms de rues et quartiers, lignes de bus,... nous avons toutes les cartes en main pour cheminer à travers Edimbourg, pour en prendre la température, bercé par le rythme rassurant de son coeur. Comme à chaque fois, c'est avec une immense envie de la visiter que j'ai refermé ce tome, mais aussi l'urgence de lire la suite à laquelle je ne laisserai pas le loisir de ronfler, cette fois-ci (plutôt que de le ranger dans ma bibliothèque, j'ai laissé le volume sur mon fauteuil de lecture, ainsi, il ne m'échappera pas !!)

Je vous propose quelques lignes d'un passage que j'ai relu plusieurs fois et qui m'apparaît comme une ode toute délicate en l'honneur de l'Ecosse.

"Ramsey aimait la lumière de l'Ecosse, pure et saine, nette aussi. Il aimait les longues et fraîches soirées d'été et la confortable obscurité des jours d'hiver. Il aimait l'Ecosse telle qu'elle était : dépouillée, froide, et parfois presque invisible."

Je vous laisse, mes Chers, car deux films m'attendent : Palo Alto, réalisé par la toute jeune Gia Coppola (oui, oui, elle fait partie du clan), un film sur l'adolescence déglinguée (aurait-elle pris exemple sur Sofia ?), puis Black Coal, un diamant brut venu de Chine.

Cette semaine très intense s'achèvera sur une note théâtrale, avec l'adaptation du Journal d'un corps de Daniel Pennac, interprétée par l'auteur lui-même.

Avez-vous lu ce roman ?

Ce n'est pas mon cas donc cette pièce sera une véritable découverte, qui me donnera peut-être envie de découvrir l'oeuvre originelle.

Je vous souhaite à tous un brillantissime week-end, tout ensoleillé :)

Des bises :)