Bonjour mes Chers !

Comment allez-vous en cette belle matinée ? Ce temps magnifique est une véritable bénédiction, n'est-ce pas ? Quel bonheur de faire les petits trajets quotidiens à pied, lunettes de soleil sur le bout du nez alors que le calendrier indique la fin du mois de septembre. C'est si remoralisant et la bonne humeur encourageant la bonne humeur (et oui !) ce bien-être donne vraiment envie de s'accorder tout plein de plaisirs simples, n'êtes-vous pas d'accord ? Un magazine (le dernier Psychologie acheté hier m'encourage à m'abonner !), une commande livresque (Nature morte de Louise Penny ainsi que Bouillon de poulet pour l'âme sont arrivés chez moi !), une lecture douce et enjouée pour commencer et terminer la journée en excellente compagnie (Anne et la maison aux pignons verts), quelques stickers jolis-jolis pour décorer emploi du temps et semainier, une manucure couleur lavande, l'annonce de films qu'on ne peut qu'imaginer plaisants (Blue Jasmine, La vie domestique, Gabrielle...) (j'aime les histoires de femmes, vous le savez bien ;))

Le bonheur simple comme un rayon de soleil se niche dans les détails.

Aussi, je vous propose ce matin une lecture qui s'accordera parfaitement à ce bel été indien, à la fois tendre et réconfortante, ensoleillée et douillette.

Influencée par quelques copinautes tentatrices enchantées par ce roman de Sarah Addison Allen, je l’avais glissé dans mon panier-commande juste avant mon départ pour Nice. Aussi, lorsqu’après dix jours d’éloignement et douze fichues heures de train j’ai ENFIN retrouvé mon petit nid, m’attendait bien sagement cette jolie couverture (ainsi que l’autobiographie de Louise Brooks). Amours et autres enchantements n’aura pas traîné bien longtemps dans ma PAL car il m’a accompagnée pour mon second périple de l’été et je dois dire que le timing était parfait puisque l’histoire, baignée de soleil, s’achève quelques jours avant la rentrée des classe. Autant dire qu’il s’agit d’un roman de saison.

Ceci étant, il se montre tellement réconfortant et accueillant, faisant la part belle à la nature, qu’il doit être extrêmement agréable de le lire au moment où celle-ci revêt ses belles couleurs d’automne ou se laisse recouvrir d’un épais manteau blanc.

amours

 

Ouvrir Amours et autres enchantements, c’est faire la connaissance de la famille Waverley, accueilli par Claire, une trentenaire solitaire –elle s’est envisagée vieille fille avant l’heure- connue à Bascom, Caroline du Nord, pour ses recettes aux saveurs envoûtantes et aux pouvoirs magiques. Maîtrisant le langage des fleurs comme elle veille à ignorer celui des sentiments, elle concocte dans la cuisine de la grande maison familiale de style Queen Anne héritée de sa grand-mère adorée, des mets dont elle seule a le secret. Devenue un traiteur réputé et très demandé, seul son travail occupe son temps, ainsi que les visites d’Evanelle une cousine éloignée, d’un certain âge et d’un dynamisme certain ! Cette dernière aussi possède un don, celui d’anticiper les besoins de son entourage –proche comme éloigné- ce qui l’amène à distribuer à tout moment du jour et de la nuit des objets, anodins comme insolites, qui se révèlent toujours utiles.

La vie ronronne à Bascom jusqu’au retour inattendu de Sydney, accompagnée de sa petite Bay, âgée de six ans. Sydney, la soeur de Claire avait pourtant quitté la ville dix ans auparavant, se promettant de ne jamais plus y mettre les pieds, tout comme l’avait fait avant elle Lorelei, la mère des deux jeunes femmes. Pourquoi alors revenir si soudainement ? Qu’a-t-elle bien pu faire de ses jeunes années ? Qui et où est le père de son adorable fillette ? Maintes questions qui restent sans réponses et occupent l’esprit Claire qui, avec son habituelle discrétion, se contente d’ouvrir grand sa porte à la revenante.

Les retrouvailles entre les deux sœurs marquent un tournant dans la vie de cette famille non sans créer un certain remous au sein de la communauté de Bascom.

Il faut dire qu’entre frasques et bizarreries, les femmes de la famille Waverley n’ont jamais cessé d’alimenter les rumeurs et légendes de leur petite ville ; un entêtant parfum de mystère les entoure et le pommier qui trône au milieu de leur jardin, arbre capricieux dont il ne faut surtout pas croquer les fruits, ne saurait l’étouffer.

Secrets, vieilles rancoeurs et souvenirs vont peu à peu être mis au jour tandis que chacun tentera de se reconstruire, de tisser avec d’autres âmes blessées et esseulées de solides liens, d’amour et d’amitié.

 

starshollow

 

Amours et autres enchantements est un roman comme je les aime qui repose, certes, sur des personnages attachants et parfaitement croqués ainsi que sur une intrigue solide et surprenante mais surtout sur une ambiance, une atmosphère très singulière. Ici, la magie opère à chaque page et se manifeste de mille façons : les mots de l’auteure possèdent autant de vertus que les recettes de Claire, la même générosité que la fantasque Evanelle, la même fragilité que Sydney et la sensibilité de Bay. On se sent aussi bien entre ses lignes que dans la vaste demeure familiale, remplie de délicieuses senteurs fleuries et de paroles de femmes. J’ai été infiniment séduite par le réalisme magique qui caractérise ce récit. Le surnaturel ne l’envahit pas mais c’est en douceur, par touches subtiles et pleines de poésie, que le quotidien dépeint par Sarah Addison Allen est saupoudré de magie. Elle est partout et nulle part, là où on ne l’attend pas de préférence, là où elle peut nous surprendre, nous faire sourire, sécher nos larmes ; c’est un éclat, une lumière, un geste, un détail. Le morceau de sucre de Mary Poppins, la juste dose de cannelle dans la compote de pommes, la petite étincelle qui interfère dans le destin du personnage comme elle vient illuminer l’heureux lecteur.

Aussi, au cours de ma lecture, j’ai été envahie par un sentiment de bien-être tout en étant happée par les destins mêlés et chahutés des personnages.

J’ai eu néanmoins, très peur d’un virage brutal au début de la seconde partie qui me semblait alors moins réussie que la première ; quelques chapitres pendant lesquels mon intérêt était moindre, les mots défilaient sous mes yeux mais mon attention n’était plus retenue avec la même force. Le personnage de Sydney me semblait un peu trop caricatural, ses malheurs trop nombreux, tragiques, en faisaient alors une victime stéréotypée et ennuyeuse ; tandis qu’un personnage secondaire, Emma Clark, m’agaçait prodigieusement avec cette manie de se mettre à poil toutes les deux secondes pour reconquérir son mari… Pathétique.

Fort heureusement, mes craintes se sont rapidement dissipées et c’est avec un enthousiasme redoublé que j’ai poursuivi et terminé cette pépite délicate, fraîche et gourmande, aussi savoureuse et tendre qu’un bonbon d’enfance. Les derniers chapitres m’ont totalement ensorcelée, déroutée, car sans être totalement surprise par les renversements et le dénouement, j’ai observé les événements se succéder de façon bien moins attendue que je l’avais envisagée. C’est dire la malice de l’auteure qui maîtrise virevoltes et pirouettes comme un chef sa meilleure recette.

men in trees

 

Ce roman, que je suis très heureuse d’avoir lu (merci les filles J), m’a rappelé d’autres univers bien aimés : celui des Gilmore Girls, particulièrement, avec l’auberge de Lorelei et la cuisine de Soukie, la petite ville de Stars Hollow écrin-cosy des relations entre des habitants hauts en couleurs et des femmes Gilmore. L’atmosphère m’a donné envie de revoir la première saison de Men in trees et d’en découvrir enfin les deux suivantes ; Men in trees, une série pourtant réussie qui n’a pas connu le succès mérité, malheureusement… Une pointe de Charmed, bien entendu, ferait mon bonheur.

Côté lectures, je suis plus que jamais tentée par L’Atelier des miracles et L’armoire des robes oubliées, romans pour lesquels je vais finir par craquer.

Avec plaisir, évidemment, c’est aussi la plume de Sarah Addison Allen que je retrouverai en m’offrant bientôt mais pas trop tôt (il faut savourer !) son autre roman La Reine des délices.

Alors, mes Chers, intrigués par les pimpantes Waverley ? Ou déjà séduits, pour ceux qui auraient déjà eu la chance de les rencontrer ?