J'avais déjà emprunté ce court roman jeunesse l'an passé, à la même époque. Forcément, avec un titre pareil, difficile de ne pas succomber ! Mais, très étrangement, une fois à la maison, il m'a nettement moins tenté, et je l'ai rendu sans prendre la peine d'en lire ne serait-ce que les premières pages.

Il en fut tout autrement cette année puisque je l'ai lu d'une seule traite, entre hier soir, quelques réveils nocturnes, et le petit matin !

Finalement, je ne suis pas mécontente de mon premier faux-départ puisqu'il m'aura permis de faire, ce week-end, une merveilleuse petite découverte ! Héhé ! En outre, la nuit se prête parfaitement à l'ambiance qui imprègne ce bien chouette roman policier hivernal.

mortels noels

L'intrigue nous entraîne dans un pensionnat religieux de Montréal, au cours du Noël 1920, à la rencontre de Vipérine Maltais, treize ans, une jeune fille vive et perspicace qui allie sens de l'humour, de la répartie et de la déduction. Pour ses belles qualités d'âme, la soeur directrice, Saint-Ignace, lui confie un mystère à résoudre : la soeur économe a été attaquée pendant son sommeil par un fantôme ! Aussitôt, Vipérine se met en quête du coupable.

En dix chapitres, un prologue et un épilogue, d'une dizaine de pages chacun, la jeune enquêtrice interroge tous les suspects, depuis sa jeune soeur, Olivine -qui a accompagné la Soeur économe dans sa tournée des étrennes- jusqu'à la douce novice Alphéna, en passant par le marchand de glace et la cuisinière. L'ultime chapitre voit alors tous les suspects réunis dans le grand salon du notaire, attentifs au moindre mot de Vipérine, qui déroule façon Agatha Christie la bobine de ses preuves et déductions, jusqu'à la révélation finale qui mêle ce Noël 1920 à celui de 1895.

J'ai pris beaucoup de plaisir à observer et suivre Vipérine dans son enquête qui l'entraîne d'une demeure à une autre et nous permet de multiplier les rencontres, tout en découvrant la vie du pensionnat. Les personnages secondaires sont idéalement croqués, on en sait suffisamment sur eux pour s'intéresser à leur cas, leurs secrets, leur passé... Ils ont chacun une personnalité affirmée, ce sont de véritables caractères. J'ai été très émue par la timide Alphéna, très amusée par Olivine, touchée par la relation qu'elle entretient avec Vipérine qui se révèle, quant à elle, une héroïne très attendrissante. 

J'ai apprécié la dimension policière du récit, l'enquête est rondement menée, pas à pas, le suspense s'installe, les piste se multiplie, nous embrouillent juste ce qu'il faut, et le "crime" n'a rien de glauque ou de "violent" mais fait appel à nos neurones et notre bon coeur.

Une histoire aussi distrayante que dépaysante, portée par des descriptions comme on aime en lire : sans se perdre dans des montagnes de détails, l'auteure nous invite -en sollicitant tous nos sens- à plonger dans de bien chouettes petits tableaux, qui se sont pas sans évoquer les romans Dickens ainsi que les contes d'Andersen, deux grands noms de la littérature auxquels il est explicitement fait référence.

Une plume et une enquêtrice à découvrir et à suivre (puisque d'autres volumes sont parus) !

Bon dimanche mes Doux :)

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