Bonjour mes lecteurs préférés !

Nous avons déjà eu l'occasion d'échanger à ce sujet : les adaptations littéraires sont de plus en plus nombreuses à envahir nos salles obscures, pour le meilleur comme pour le pire. Alors qu'aujourd'hui sort le long-métrage de Brian Percival, doté d'un casting plutôt prometteur (Geoffrey Rush et Emily Watson en tête), je souhaitais revenir sur le roman qui l'a inspiré et qui fut un grand coup de coeur.

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La narratrice de ce roman passionnant est singulière puisqu'il s'agit de la Mort en personne. Alors que le monde est en guerre et les nazis de sortie, la Mort n'a jamais eu autant de travail. Les corps se succèdent entre ses bras, les yeux des humains la hantent, la folie des hommes l'interpelle. Elle se propose alors de nous raconter l'histoire de Liesel Meminger, une petite fille de neuf ans, confiée par sa mère à un couple, Hans et Rosa Hubermann, vivant dans la petite ville -fictive- de Molching, entre Munich et Dachau. Liesel, dont le frère a rencontré la Mort pour une dernière danse durant le voyage, s'adapte peu à peu à sa nouvelle vie, retrouve le chemin de l'école et se fait des amis, et surtout un meilleur ami, l'intrépide Rudy Steiner. Mais Liesel demeure hantée par la mort de son frère dont elle rêve chaque nuit. Pour la consoler, son père adoptif vient la rejoindre après chaque cauchemar dans sa chambre et, pour lui changer les idées et l'aider à se rendormir, lui apprend à lire grâce à ses maigres connaissances. Liesel progresse et se passionne pour la lecture. Malheureusement, sa famille ne peut lui offrir autant de livres qu'elle le souhaiterait ; c'est ainsi qu'elle devient voleuse de livres.

Mais ce roman nous invite à découvrir bien plus que la carrière atypique de Liesel. Il nous plonge dans l'Allemagne de la Seconde Guerre mondiale, nous permet de découvrir la guerre côté allemand, avec son lot de fanatiques mais aussi ces hommes et ces femmes qui sont venus en aide comme ils le pouvaient aux Juifs. Comme Rosa et Hans Hubermann qui recueillent dans leur sous-sol Max, un boxeur juif, le fils d'un ancien compagnon de tranchées de Hans. Lui aussi jouera un rôle dans la passion littéraire de Liesel ; il lui fera prendre conscience de l'importance des mots, de leur magie, de leur pouvoir.

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La Voleuse de livres nous offre le privilège de rencontrer une petite fille attachante, ni tout à fait adorable, comme dans les belles histoires, et loin d'être détestable. Une petite fille comme les autres qui, auprès de gens extraordinairement ordinaires, va apprendre la vie, l'amour, l'importance de la famille, de l'amitié et de la solidarité.

Si certains lecteurs ont été gênés par la narratrice et son ton quelque peu distant, j'ai trouvé que ces éléments étaient au contraire la grande force du roman. La Mort n'est ni mauvaise, ni compatissante : elle fait son travail, tout en se rendant bien compte de l'horreur qui se déroule devant ses yeux. Mais que peut-elle y faire ?

La Voleuse de livres m'a enthousiasmée, par l'originalité de son sujet, ses personnages attachants, et bien sûr, l'omniprésence des livres.

Mais ce qui m'a bouleversée, c'est la relation qui unit Liesel à Hans, son père adoptif. Si dans la littérature, le cinéma, les séries, la relation mère-fille est sur-employée, la relation père-fille est très peu exploitée. Une rareté qui la rend plus intéressante, précieuse et pudique, plus belle car moins évidente. Le personnage de Hans m'a beaucoup émue, pour ce qu'il est mais aussi pour ce qu'il représente : un papa aimant, maladroit mais toujours présent.

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Un très beau roman qui m'a valu autant de sourires que de larmes. J'attends donc la mort au tournant... d'un vaste écran blanc.

Bonne journée :)